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Capitalisme dissocié, quels remèdes ? L'investissement obligatoire :-)

Quand j'étais petit, au moment de la première bulle internet, j'ai cru aux stocks options, je sais,  aujourd'hui ça parait idiot, mais il y a 10 ans c'était à première vue une bonne idée.
Je me suis vu gorgé de BSA et de stock options, j'ai organisé la distribution de stock options à la TOTALITÉ des salariés en CDI de la société que je dirigeais et j'ai cru avoir créé une machine à fabriquer de l'intérêt général et à la réconciliation capital travail.

 

En fait il y avait deux failles.

  -  La première est que les stock options ne permettent pas de peser réellement sur la prise de décisions stratégiques aux cotés des majoritaires, ce qui est frustrant.
  - Le seconde est que l'employé "gorgé" de stock options n'en a rien à faire des pertes financières qui ne sont pour lui que des pertes d'opportunité et pas des pertes en capital.

 

Comme la société a rapidement périclité du fait du 11/9 je n'ai pas eu à constater chez moi la perte de sens moral critiqué aujourd'hui et j'ai pu garder une certaine pureté :-)

 

Plus sérieusement, le krach de 2001 m'a permis d'ouvrir les yeux sur l'emballement terrifiant de la spéculation boursière de la nouvelle économie, nous comptions notre richesse future en millions ou dizaines de millions mais ne savions pas gérer notre strat ou nos budgets...

 

J'ai acquis quelques convictions :
Les Return on equity, value at risk etc... ne sont pas prises au sérieux tant que les dirigeants d'une entreprise n'en sont pas actionnaires significatifs au point de voir la valeur de leur patrimoine RÉEL chuter en cas de perte de valeur de l'entreprise.

 

La bronca actuelle sur les rémunérations des "patrons" appelle en effet quelques commentaires.

 

Les dirigeants salariés de grandes entreprises ne sont pas des entrepreneurs, mais des employés ; peu ont la sagesse, sagacité ou humilité de le reconnaître, n'en déplaise au MEDEF.
M.Bouton par exemple aurait beaucoup mieux surveillé M.Kerviel et M.Kerviel aurait fait beaucoup moins de bêtises, si une partie importante de leurs rémunérations leur avait été versée non pas en bonus "cash", ou, pour le premier des deux, non pas en stock-options ou en retraites, mais en titres Soc Gen, "gratuits" ou "discountés", mais bloqués 5 ans au moins ( comme dans un PEE).
Du coup pour l'un comme pour l'autre c'était face tu perds, pile je gagne ; JK n'en est toujours pas revenu qu'on lui reproche à titre individuel ce qui était la règle du jeu généralisée implicite.
Les stock options voilà l'ennemi. 

 

Daniel Bouton entrepreneur, ça en jetterait, mais ça se saurait.
Qu'est ce qui justifie que par exemple un PDG de banque inspecteur des finances, gagne plus qu'un autre inspecteur des finances qui dirigerait la Banque de France, la CDC ou le Trésor?
Sa capacité à bien ou très bien, voire très très bien, diriger la banque, de manière superbement supérieure, exceptionnellement supérieure.
Cela se traduit par une très grande satisfaction des actionnaires  au travers de dividendes  qui rémunèrent bien leur épargne investie, par une progression régulière des cours de bourse à long terme ( pour une banque, c'est sans doute 10 ans et plus).
Pour les autres "stake-holders" (parties prenantes en français), clients satisfaits des prix et du service, collaborateurs enthousiastes, formés, payés de manière "juste" et motivante ; (pour rire, allez dans une agence SG et demandez à votre chargé de compte ce qu'il pense des modes de rémunération de D.Bouton et F.Oudéa, hi hi hi?).

 

Si depuis 15 ou 20 ans qu'il assure la direction générale de la Banque puis sa présidence, M.Bouton avait reçu, ne serait ce que la moitié de, sa rémunération globale en titres SG bloqués 5 ans, et que cette règle s'était appliquée à tous les cadres, traders et dirigeants, dont la rémunération fixe annuelle est supérieure à 250.000€, il n'y aurait eu ni crise de subprime à la SG,ni Kerviel, ni besoin d'emprunter au guichet de Sarkobank ; parce que la culture des employés de banque qui dirigent SG aurait été une vraie culture d'engagement entrepreneurial sensible à la pérennité de leur patrimoine investi dans le capital de SG.

 

Je sais qu'on peut me dire en grinçant que mes anciens camarades de la SG savent très bien se couvrir contre une baisse du cours de la SG ; mais il se trouve que d'une part c'est interdit et d'autre part qu'on ne peut pas se couvrir contre le risque de baisse pendant 5 ou 10 ans car le coût de la couverture devient totalement prohibitif par rapport à son gain probable.

L'autre type de patron, c'est celui qui possède une partie significative de son entreprise et/ou dont le patrimoine est composé de manière majoritaire ou significativement dans les titres de sa société. Savoir qu'on est ruiné si la société fait faillite, ça calme plus que de savoir qu'on ne perdra que le ticket de loterie gratuite.
C'est pour cela que j'ai toujours eu plus d'estime pour Bernard Arnault que pour la plupart des autres patrons du CAC 40.

 

Quand BA a investi dans l'Internet aux US, dans Libertysurf, dans Zebank, dans Europatweb, c'était sa signature, son argent. Qaund il a gagné il a gagné pour lui ; ce qu'il a perdu quand il est sorti, c'était pour lui. C'est plus digne que les pertes de nos "grands" "patrons" salariés du CAC 40, respect!

 

Si le MEDEF était sérieux, il n'accepterait pas en son sein des dirigeants salariés, il ne leur donnerait pas la parole. Ceux ci pourraient créer un club des employés dirigeants, tout à fait respectable par ailleurs mais dont les enjeux seraient clairement differents.
Mme Parisot est vraiment très embêtée de devoir passer autant de temps à régler des problèmes de communication liés à des "sales types" qui ne sont même pas de vrais patrons, des gens qui ne risquent pas leur patrimoine, mais se gavent et se gobergent de "création de valeur pour l'actionnaire". 

 

A quand un MEDEF devenu vraiment le Mouvement des Entrepreneurs de France?

 

Les américains disent "bet the farm on it", c'est vrai un patron c'est un peu un paysan qui tous les ans se met en risque sur sa récolte et la valeur de sa ferme.

Posté par olivier

  • 2009/03/30
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