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Crésus et les banquiers pourris

Nous avons lu avec mon associé les mémoires de Damien Cresus, auto proclamé banquier pourri.

 

D'abord c'est un bouquin sympa à lire parce qu'il moque les pratiques de gens qu'on adore détester, les fameux patrons goinfres, les banquiers voleurs et les assureurs menteurs.
Ensuite, rassurez vous c'est un faux grossier, ce n'est pas un autobiographie, dans le meilleur des cas c'est une compilation d'interviews off mélangée à un roman à l'eau de rose.Toutefois, la tentative pédagogique romancée n'est pas plus bête que ça, Elle peut même être très utile dans la prise de conscience du public sur ce qui fait cette industrie si on enlève les scories.

 

La devise de Damien : "servir souvent, me servir toujours" est trop belle pour être vraie. Malheureusement les patrons de banque n'ont pas ce cynisme transparent là, au moins les choses seraient simples.

 

Je ne sais pas si les super banquiers entretiennent des amours tarifées avec des demi mondaines mais ça tient plus ici du gadget littérature que de la description sociologique.
Le journaliste auteur ne connaît pas la banque de marché dont il parle ; il commet des erreurs de vocabulaire qui le démontrent ( on ne dit pas trade record, mais track record, Eurex est un marché à terme et pas un marché des changes, etc..).
Il y a des références transparentes à la SG ( le desk delta one était celui où opérait Kerviel), la cour des citronniers était celle de Paribas, des anecdotes qui font vrai mais démontrent par leur accumulation que La Banque n'existe que par agglutination de faits épars rassemblés pour faire un livre qui ait l'apparence de la cohérence.
De même le mode d'organisation interne décrit est celui d'une petite banque pas du géant complaisamment décrit.
A ce titre, 'ai un grand doute qu'un diplômé d'université puisse être DG d'une grande banque ( on est en France merde quoi), capable de s'introduire dans le back office depuis le centre informatique pour mener son casse, de gérer des comptes de clients privés qui nécessitent des précautions d'agent secret), le personnage est composite, c'est entendu.

 

Tout n'est donc pas vrai, c'est vrai!
Mais beaucoup de choses le sont....

 

Il est vrai que les banques françaises se sont jetées sur les marchés dérivés dans les années 80/90.
Il est vrai que les subprimes et la titrisation "en saucisse" ont été perçus comme un bon moyen de doper les rendements de produits offerts à la clientèle comme sans risques ( il n'y a pas de risque parce que je l'ai tellement dilué qu'il est devenu statistiquement nul et que je ne sais plus où je l'ai mis).
Il est vrai que la banque française est dominée par l'inspection des finances.
Il est vrai que la collusion entre la FBF, la commission bancaire, la Banque de France, le ministère des finances et les établissements bancaires est une des formes et des raisons de la cartellisation qui empêche l'innovation et la baisse des prix comme de l'absence de contrôle effectif qui coûte si cher à l'État depuis le Crédit Lyonnais jusqu'à l'automne dernier.
Il est vrai que nos grands banquiers de la fin du 20°s et du début du 21°s ont oublié, parce qu'ils n'ont jamais connu ce métier sous l'angle historique,  que la banque est un métier de patience. Il serait bon qu'ils se replongent dans l'histoire familiale des banquiers toscans du 15°/16° siècle, où qu'ils relisent, lentement, les pages d'Attali sur les banquiers juifs du 18° au 20°s. Un bon banquier POSSÈDE sa banque et en est responsable, les dirigeants non associés au capital ne sont que des employés contrôlés strictement, la fortune vient lentement avec la confiance et s'en va au galop de même...

 

Il est vrai que les systèmes de rémunérations ( bonus et stock options) pratiqués ne vont ni dans le sens de l'intérêt des actionnaires ni dans celui de l'intérêt général, je décrivais cela il y a un an dans ce même blog.

 

Pour mémoire, Zebank n'avait pas de salle de marché ni de départements produits structurés, elle avait vocation à offrir des services et produits simples à des clients particuliers.
Qui lancera aujourd'hui une banque simple, qui prête à ses clients l'agent déposé par les autres clients et se contente d'offrir le meilleur service? On pourrait appeler cela banque mutuelle....

Posté par olivier

  • 2009/06/08
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