
L’investissement dans les infrastructures d’énergie solaire : une classe d’actif innovante, dé-corrélée des marchés traditionnels et répondant aux critères ISR
Etape significative dans la lutte contre le changement climatique et la réduction de la dépendance à l’égard des énergies fossiles, la Directive sur la promotion de l’utilisation des sources d’énergie renouvelables a été adoptée par le Parlement Européen en décembre 2008. Cette directive est une composante majeure du paquet « Energie-Climat» établi sous la présidence française de l’Union Européenne. Elle prévoit notamment :
- une obligation au niveau global et au niveau national d’atteindre 20% d’énergie renouvelable dans le mix énergétique de l’UE en 2020 (contre 9% actuellement).
- dans chaque pays des mesures incitatives à la fois administratives, fiscales et tarifaires.
Pour répondre à de telles ambitions, l’énergie solaire photovoltaïque est la plus prometteuse. Une étude en cours du cabinet AT Kearney lui attribue la couverture de 12% de la demande d’électricité en Europe en 2020. Ce qui représente une capacité installée de 400GW contre 5GW actuellement.
Au total, est à prendre en compte un coût total d’investissement de 2.000 milliards Euros. Afin de ne pas surcharger les besoins financiers corporate des développeurs ou des compagnies d’électricité, des schémas spécifiques basés sur une logique de financement de projets sont mis en place.
Ils appellent la structuration de financement et d’instruments ad hoc sous forme de dettes sans recours (pour 80% des coûts de construction des centrales solaires photovoltaïques) et de capital (pour 20%) levés directement sur les véhicules porteurs des projets de centrales. En se référant aux prévisions données plus haut, les besoins en fonds propres s’élèvent à 400 milliards Euros d’ici 2020. Les levées de capital se font à travers de fonds de Private Equity Infrastructure qui voient ici apparaître un nouvel axe de spécialisation, les infrastructures d’énergie solaire.
La rémunération des investisseurs bénéficie de la remontée régulière du cash-flow des projets, une remontée sécurisée et à haute visibilité eu égard au modèle économique de l’énergie solaire en Union Européenne : l’électricité produite par les centrales solaires fait l’objet d’un contrat d’achat de longue durée (souvent 20 ans) avec la compagnie d’électricité nationale à un tarif incitatif et indexé sur l’inflation.
Un tel dispositif permet d’amortir les investissements, de rémunérer de manière satisfaisante les investisseurs et de favoriser l’énergie solaire, outil efficace pour combattre les émissions de CO2.
Ce qui fait de l’investissement dans les fonds infrastructure énergie solaire un pont privilégié entre exigence de rentabilité et souci de développement durable.
Jaona Ravaloson
Associé, Arborescence Capital