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TEPA et après

Nous sommes déçus de TEPA 2009, c'est le moins qu'on puisse dire.

 

Nous avons accompagné trois clients dans un projet de levée de fonds et nous peinons à finaliser un investissement, d'un montant significativement inférieur à l'objectif.
En revanche, nous sommes agréablement surpris de voir en dernière minute nos Friends & Family revenir à quelques heures de la fermeture... Comme si la proximité que nous avons avec notre business community était plus forte pour notre propres société que des mois de "drague" des entités structurées (...) pour le compte de nos clients!

 

Nous avons appris par nos clients ou relations que les acteurs les plus médiatisés en terme de nombre de projets de levée de fonds sont souvent eux aussi proches du flop.

 

En fait depuis 6 mois nous n'arrivons pas à voir l'argent. On en parle, on entend dire que, il y a des holdings qui ont fait une grosse collecte.... mais pas de mouvement de masse d'investissements visibles.

 

Nous pensons avoir vu ou contacté la quasi totalité des holdings ISF et...rien ou si peu.

 

Comment expliquer cet échec à transformer le bon démarrage du dispositif l'an dernier en mécanisme de financement de masse des PME par des masses d'investisseurs en mal de défiscalisation ISF?

 

Nous avons tout d'abord noté que la base imposable à l'ISF s'est évidemment contractée. Ceux qui pouvaient investir 20.000€ dans des PME ou dans des holdings ISF l'an dernier ne peuvent investir cette année que 15.000€ par exemple. Le bouclier fiscal a clairement joué à la baisse sur les montants susceptibles d'être investis par les plus gros patrimoines.

 

En revanche le nombre des assujettis à l'ISF au courant du mécanisme a peut être été multiplié par 5 ou 10, ce qui est certainement une bonne chose pour le financement des PME. Les nouveaux investisseurs n'ont en revanche que quelques milliers d'euros à investir pour éponger leur ISF.

 

De cela on tire une première conclusion, les "collecteurs" ont eu un travail et un coût de collecte qui s'est considérablement accru : pour lever 100.000€ il fallait 5 investisseurs l'an dernier, il en faut peut être 40 aujourd'hui...
Or, la rémunération de la collecte a visiblement eu du mal à se mettre en place ; j'entends parler de taux qui vont de 1 à 5%, voire carrément 0... Il est vrai que la holding n'est pas un fonds et n'a pas toujours de société de gestion permettant de facturer cette prestation commerciale.

 

Ce n'est pas du tout le même business model, ce n'est pas du tout la même organisation. Dans certains cas on peut constater une vraie paralysie de holdings IS submergée par un afflux de petits investisseurs qu'elles n'avaient pas anticipé dans leur plan de collecte.
Les promoteurs d'holdigs ISF, sauf de rares exceptions ont de faibles moyens humains et logistiques, les réseaux de Conseils en gestion de patrimoine ont pu s'inquiéter de la profusion de holdings un peu trop "neuves" en matière de private equity.

 

La demande de capital a eu plus de mal à trouver l'offre : ce soir sur www.capitalpme.oseo.fr moins de 5 000 investisseurs se grattent la tête pour choisir parmi 3275 entreprises, moins d'1,5 investisseur par entreprise!  avec on l'a vu un montant à investir de quelques milliers d'euros.

 

Enfin les sociétés de gestion de fonds de private equity ou les conseils en corporate finance qui connaissent vraiment le monde des PME ne sont pas toujours équipées pour traiter un très grand nombre de souscripteurs au sein d'une holding.
Les promoteurs des holdings ISF de l'autre coté ne savent pas toujours gérer des analyses de dossiers toujours plus nombreux, et/ou ont une approche du risque d'investissement trop timorée par méconnaissance, ce qui revient au même.

 

L'an dernier quelque centaines ou milliers de PME ont pu recevoir des fonds (existe t'il des statistiques sur le sujet, je n'en ai pas trouvé), cette année des dizaines de milliers en ont cherché.
Les holdings que nous avons rencontrées nous ont dit assez généralement avoir reçu plusieurs centaines, parfois 1000 dossiers d'entreprises, ce qui créait un énorme embouteillage dans leur équipe de sélection.

 

En conclusion rapide sans doute à travailler par le sénateur Adnot : les PME sont prêtes à ouvrir leur capital, en grand nombre.
Les assujettis ISF, après la rincée de 2007/2008, ne sont pas assez nombreux pour jouer les business angels, il faut donc élargir la base des investisseurs stimulés par l'avantage fiscal, donc passer de l'ISF à l'IRPP.
Nous réclamons le passage de l'avantage fiscal pour investissement dans une PME, de 25 à 50% du montant investi en déduction de l'IRPP. La baisse de l'avantage fiscal de l'ISF de 75 à 50% simplifierait les choses et éviterait la critique aisée qu'il n'y en a que pour les riches!
Après le trop d'impôt tue l'impôt, allons nous réaliser que trop d'avantage fiscal peut tuer l'avantage fiscal?

 

Le débat, les débats, sont ouverts.

Posté par olivier

  • 2009/06/05
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